Théâtre Amer

Création 2021

FAHRENHEIT 451

d’après le roman de Ray Bradbury                                                                                         
traduction de Jacques Chambon et Henri Robillot
Mise en scène, adaptation et scénographie : Mathieu Coblentz
Création lumière et collaboration artistique : Vincent Lefèvre
Collaboration à la scénographie : Clémence Bezat
Régie sonore : Simon Denis
Création des costumes : Marie-Lou Mayeur
Conception du décor : Christophe Coupeaux et Kristelle Paré
avec Florent Chapellière, Olivia Dalric, Maud Gentien, Julien Large, Laure Pagès, Florian Westerhoff et Jo Zeugma 
Production : Théâtre Amer
Production déléguée : EMC – Espace Marcel Carné, Saint-Michel-sur-Orge
Coproduction : Théâtre Romain Rolland, scène conventionnée Art et création, Villejuif ; Les Bords de Scène, Juvisy-sur-Orge ; L’Archipel, Théâtre de Fouesnant.
Aides et soutiens : DRAC Bretagne, Région Ile-de-France (aide à la diffusion), Département du Val de Marne (soutien à la création)

Remerciements : Théâtre Gérard Philipe – CDN de Saint-Denis, Théâtre de l’Aquarium, François Sallé

Durée : 1h30

Le texte
Ecrit en 1953, Fahrenheit 451 nous raconte l’histoire de Montag. Il vit dans un monde où les êtres, toujours en quête de plaisir, s’enivrent de vitesse, de drogues ou de violence. Cernés par des murs-écrans, ces êtres semblent vivre heureux. Lui est pompier, mais les soldats du feu n’éteignent plus les incendies ; ils les allument. Juges, censeurs et bourreaux de la pensée, ils brûlent les livres que « de toutes façons personne ne lit plus ». Montag finit par se révolter, s’enfuit et rencontre d’autres résistants qui, pour ne pas être pris, apprennent les livres par cœur avant de les faire disparaître, devenant de fait des Hommes-livres, « clochards au-dehors, bibliothèques au-dedans ».
Avec sept acteurs et musiciens, nous entreprenons de dire le roman, simplement, rageusement, joyeusement. Dire avec les mots d’une fable dystopique, dans un monde saturé d’images, d’urgences et d’injonctions, la puissance de l’imagination. Raconter, chanter, jouer l’histoire universelle, initiatique et édifiante d’un être révolté contre l’oppression. Dire la joie surtout face à la résilience possible d’une humanité éclairée par les livres.

L’espace
« Le texte de Bradbury m’a fait voyager tant dans l’univers captivant et désarmant de l’Occident technologique que dans l’atmosphère froide et résistante des pays de l’Est. L’espace résulte de cette ambivalence. Il y a quelque chose de la datcha abandonnée au fond d’une forêt, de la cave, de l’abri – anti-aérien, peut-être –, et aussi d’un espace qui pourrait être un plateau de cinéma, un studio d’enregistrement, voire un théâtre, laissant la possibilité du doute : est-ce que ce qu’on voit est simplement le réel ? J’ai rêvé d’une scénographie avec très peu d’effets et qui en même temps évolue, se transforme au fil du récit. L’évidence a été de ne pas utiliser de flamme puisque, pour atteindre quelque chose d’intéressant, il aurait fallu brûler le plateau. Nous avons donc utilisé le papier, des morceaux de littérature, de grands textes, soufflés dans la salle afin que les spectateurs puissent quitter le théâtre avec, dans les poches, des mots – plutôt que des cendres ! » Mathieu Coblentz

Un piano, une table et des micros ; au lointain, un mur qui finira par tomber vers la salle, des pages déchirées tombées du ciel, morceaux de littérature échouée, et une ampoule, comme un foyer, pour se rassembler.

« … alors qu’il suivait prudemment les rails, pleinement conscient de la totalité de son corps, le visage, la bouche, les yeux saturés d’obscurité, les oreilles de sons, les jambes irritées par la bardane et les chardons, il aperçut un feu droit devant lui. Il lui fallut un bon quart d’heure pour se retrouver vraiment à proximité des flammes, et il resta là à observer depuis le couvert. C’était un feu étrange parce qu’il prenait pour lui une signification différente. Il ne brûlait pas, il réchauffait ! Il n’avait jamais songé qu’il pouvait tout aussi bien donner que prendre. Même son odeur était différente. », Ray Bradbury, Fahrenheit 451